Ils rendent le plastique fantastique !

Véritable fléau environnemental, le plastique n’a rien pour plaire. Carbon Blue et Sauvage Méditerranée parviennent à le sublimer en proposant des créations originales grâce à sa version recyclée.

Véritable fléau environnemental pour les terres, les mers et les océans, le plastique n’a vraiment plus rien pour plaire. Carbon Blue et Sauvage Méditerranée parviennent pourtant à le sublimer en proposant des créations originales à base de sa version recyclée

 

Carbon Blue : rendre au plastique ses lettres
de noblesse

Carbone Blue redonne au plastique ses notes de noblesse

 Vous pensiez que le métier d’ébéniste était réservé au seul travail du bois ? Détrompez-vous. Stéphane Testa, le fondateur de Carbon Blue, une entreprise de quatre salariés implantée à Gémenos, lui a donné une déclinaison en déposant officiellement le métier d’ébéniste plastique. Une profession pleine d’avenir selon lui, « au regard de cette matière qui prolifère sur la planète et qui représente des gisements gigantesques ». Laquelle, une fois sortie d’usine après avoir été recyclée, « peut être valorisée à plus de 20€ le kilo ». De quoi révolutionner la vision du déchet plastique, un produit composé de carbone, à qui Stéphane Testa souhaite « redonner ses lettres de noblesse à travers le monde ». Tout comme le bois, il peut se poncer, se raboter, se souder… « ayant en plus l’avantage d’être recyclable à vie ». L’ébéniste plasticien s’en sert dans son atelier pour confectionner des chaises, des tables, ou encore des bacs de douches et des sols de salle-de-bain. Mais aussi des rampes d’accès pour personnes handicapées, des bornes de protection dans les ports… « Le potentiel du marché du plastique revalorisé est colossal. Quand 1,2 millions de tonnes sont enfouies ou incinérées, il y a de quoi repenser les équipements des villes », commente-t-il. 

Une centaine de franchises en 2028

Pour Stéphane Testa, pas de doute : ce déchet « est une matière première extraordinaire, gratuite et disponible à profusion qui peut créer une nouvelle économie », dans laquelle il n’hésite pas à se projeter. L’an prochain, grâce à la levée de fond qu’elle vient de réaliser, Carbon Blue ouvrira des franchises dans des conteneurs nomades sur les ports de La Ciotat et de Marseille, et une autre à La Réunion. L’objectif étant de compter une centaine de « micro-usines » en France en 2028. Pour l’heure, c’est toujours dans son atelier de 280 m² à Gémenos, qu’il réduit, fusionne et fait fondre quelque 30 tonnes de plastique par an pour leur donner une seconde vie au travers de ses créations. Une matière qu’il se procure auprès de grandes enseignes comme Decathlon, de collectivités, de zones industrielles ou des petites communes. « On intéresse beaucoup Véolia et Suez, car ils ne parviennent pas à toucher les petites entreprises ou les particuliers pour collecter le plastique ». Pour promouvoir la profession d’un nouveau genre dont il a la paternité, Stéphane Testa lancera dès l’an prochain « La Carbon Blue Académie ». Une formation comportant une partie théorique en ligne et une partie pratique en atelier, pour former les artisans à ce métier d’avenir qu’est celui d’ébéniste plastique.

 

Bijoux, trophées et tableaux sauvages

Photo : SM

Des boucles d’oreilles, des bracelets et des colliers, c’est la gamme de bijoux éco-conçus déployée par la marque engagée aixoise Sauvage. Leur particularité ? Être fabriqués à partir des déchets marins tels que le plastique, les filets de pêche ou encore des bouchons et des morceaux de verre poli par la mer. Tous ramassés sur les côtes méditerranéennes, entre Nice et Montpellier, par une trentaine d’associations du clean-up. Soit, entre 500 et 700 kg de déchets par an, ensuite revalorisés pour devenir des accessoires de mode à part entière. Une idée née de l’esprit d’Emmanuel Laurin suite au Grand Saphir, l’événement écolo-sportif qu’il a créé en 2017 pour parcourir 120 km à la nage entre Marseille et Toulon. A l’issue de la traversée, 100 kg de déchets étaient collectés, dont 92 % de plastique. 

Bénéfices partagés

Pour donner un nouveau souffle à ces détritus marins, il se rapproche de l’association Palana environnement, qui œuvre pour leur valorisation. Deux ans plus tard, il organise Le Grand défi, la première compétition de ramassage de déchets à Marseille, qui permet de fédérer autour de lui de nombreuses associations du secteur. De quoi lui inspirer la raison d’être de Sauvage Méditerranée, structure qu’il crée la même année, en s’appuyant sur un fonctionnement unique en France. « Grâce au chiffre d’affaires que nous réalisons via la vente des bijoux Sauvage, mais aussi celle de nos Trophées à destination des entreprises, et prochainement de tableaux décoratifs, nous pouvons reverser une partie des bénéfices aux associations locales qui travaillent avec nous », explique Emmanuel Laurin. Depuis ses débuts, la structure a ainsi dégagé 20 000 €, sur un chiffre d’affaires qui avoisine les 100 000 €, pour financer les opérations de collecte de ces dernières. Un système « gagnant-gagnant » dont l’objectif reste de lutter contre la plastification massive de la Méditerranée. 

 

L’upcycling, so tendance !
Recycler les objets dont on ne sert plus plutôt que de les jeter, c’est ce que proposent les 11 recycleries-ressourceries-friperies officielles du territoire (dont une exclusivement dédiée à la récup’ du matériel sportif à Marseille Bougainville). Appareils électriques ou électroniques, mobiliers et objets de décoration, cartons, métaux, livres, papiers, vêtements… y sont réparés, donnés ou vendus en vue du réemploi. Des adresses à retrouver sur la liste (non-exhaustive) des ressourceries et friperies dressée par la Métropole, ou sur le site de l’association régionale des Ressourceries Paca. Le plus ? Si on y dépose les objets dont on veut se débarrasser, on peut aussi en dégoter de nouveaux à prix très accessibles, sans avoir à acheter du neuf.

Ressourceries-et-Friperies-2022.pdf (ampmetropole.fr)

marseilleprovence@ressourceriespaca.fr

 

 

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