« Limiter l’impact des activités portuaires est un enjeu de société »

Par Maxime Ducoulombier, co-fondateur de Synchronicity, acteur de l’économie circulaire qui réalise des missions d’accompagnement à maîtrise d’ouvrages opérationnels et la mise en place de projets à impacts. 

Même si l’on aimerait que les choses soient encore plus rapides, l’écosystème du Grand Port Maritime de Marseille (GPMM) est très performant, permettant au Port de Marseille-Fos de se positionner comme l’un des leaders mondiaux sur les questions environnementales. Particulièrement en matière d’énergie, où il se démarque (nouveaux carburants, scrubber et filtres à particules, branchement à quai…). L’épineux dossier « des fumées » est dorénavant bien documenté et facilement abordé lors de ses grandes messes, à l’image du blue maritime summit d’octobre dernier.

En revanche, sur la gestion des déchets, la traçabilité est beaucoup plus floue, et rares sont ceux à en avoir une vision globale, de la production jusqu’aux exutoires finaux. Avec près de deux millions de croisiéristes, c’est pourtant plusieurs milliers de tonnes de déchets pré-triés sur les bateaux qui sont déposées chaque année à quai du bassin Est. Couplés avec les déchets de l’activité portuaire terrestre, notamment la réparation navale, ces gisements pourraient faire l’objet d’un traitement micro-industriel au sein même du GPMM. Ce qui transformerait le risque d’une gestion externalisée des déchets en opportunité de traitement in situ de ressources, moteur de dépenses évitées, d’innovations et d’emplois locaux créés au service de notre environnement.

Ce sont ces enjeux qui ont motivé le Port de Marseille Fos et Synchronicity à s’associer dans le cadre du SmartPort 4, en continuité des deux défis portés lors de son édition précédente, où Synchronicity était lauréat. D’une part, pour accompagner la CMA CGM sur la faisabilité d’une production de biogaz carburants, bioGNV, en région PACA, pour alimenter les nouveaux porte-conteneurs à gaz du groupe. De l’autre, pour mener des réflexions avec le groupe Véolia, en binôme avec la société bee&co, pour faire émerger des solutions de traitement in situ des biodéchets générés par les croisiéristes et créer de l’énergie.

Cette année, l’objectif du “Smart Port” GPMM est de réaliser un audit de l’ensemble des flux de matières solides à traiter et d’identifier les acteurs ressources permettant de co-construire les solutions pour faire du Grand Port Maritime de Marseille un démonstrateur d’économie circulaire. L’idée étant de dégager les meilleures filières de valorisation en mettant autour de la table les acteurs maritimes et portuaires, les institutionnels, les entreprises, les startups expertes, le monde scientifique et universitaire, comme la société civile. Ce sont ces synergies qui permettront la réussite du projet et sa duplication à grande échelle dans les autres ports européens et méditerranéens via le label green marine Europe par exemple.

   

 

 

 

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