« Le phénomène d’îlots de chaleur renforce l’impact des canicules sur la santé »

Le changement climatique et ses impacts font partie intégrante des grands enjeux de société. En 150 ans, la hausse des températures annuelles sur le territoire Aix-Marseille est de quasiment 2°C (1,1°C pour la planète). Et elle devrait encore s’accélérer durant les décennies à venir. En lien avec cette hausse, les épisodes de vagues de chaleur deviennent plus fréquents, plus intenses et plus longs. Ici, leur nombre pourrait être multiplié par 3 ou 4 d’ici 2050 et atteindre une trentaine de jours en moyenne par an. La probabilité d’avoir des pics à plus de 50°C n’est pas exclue.

Par Antoine Nicault, directeur de l’Association pour l’Innovation et la Recherche au service du Climat (AIR Climat).

Le changement climatique et ses impacts font partie intégrante des grands enjeux de société. En 150 ans, la hausse des températures annuelles sur le territoire Aix-Marseille est de quasiment 2°C (1,1°C pour la planète). Et elle devrait encore s’accélérer durant les décennies à venir. En lien avec cette hausse, les épisodes de vagues de chaleur deviennent plus fréquents, plus intenses et plus longs. Ici, leur nombre pourrait être multiplié par 3 ou 4 d’ici 2050 et atteindre une trentaine de jours en moyenne par an. La probabilité d’avoir des pics à plus de 50°C n’est pas exclue.

Ces épisodes caniculaires ont de lourdes conséquences en termes de santé publique. Inconfort mais aussi surmortalité. Un rapport de santé publique France, paru en juin 2023, montre qu’entre entre 2014 et 2022, près de 33 000 décès sont survenus en France du fait de la chaleur. Les impacts les plus importants ont été observés pendant les étés 2019 (4500 décès) et 2022 (7000 décès), 2003 restant la canicule la plus meurtrière.

Les conséquences sanitaires de ces épisodes sont exacerbées en milieu urbain par le phénomène d’îlot de chaleur. En renforçant les températures nocturnes en ville, il limite le repos et la récupération durant la nuit et induit ainsi une surmortalité importante en zone urbaine. L’impact sur les personnes les plus vulnérables peut être considérable, en particulier lorsque la canicule persiste durant une longue période, comme durant l’été 2022.

Les vagues de chaleurs font donc partie des risques majeurs en ville pour les décennies futures. Elles engendrent des défis extrêmement importants en termes d’adaptation. Réduire les îlots de chaleurs et leurs effets est donc une priorité. Si les solutions sont multiples en termes de constructions et d’urbanisme, leur mise en œuvre reste complexe. Pour s’assurer de leur efficacité sur le long terme, l’aménagement urbain doit donc être repensé en profondeur dans son ensemble. Il gagnera à s’appuyer sur un ensemble de solutions, en anticipant les conditions futures et les risques.

Photo : Antoine Nicault

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